Théorie de la résilience : Concepts fondamentaux et perspectives de recherche

Principaux points de vue

1 minute de lecture
  • La résilience est façonnée par les relations, la recherche de sens et la débrouillardise, et pas seulement par la résistance mentale.
  • La guérison commence lorsque nous passons de la question "Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?" à "Qu'est-ce qui t'a aidé à rester fort ?"
  • La théorie de la résilience doit tenir compte de la culture, du contexte et de l'équité, sous peine de renforcer des idéaux individualistes néfastes.

""En tant que thérapeute spécialisé dans les traumatismes, j'ai été témoin de la façon dont les abus, les chagrins d'amour, les tragédies et les deuils peuvent profondément ébranler le sentiment d'identité d'une personne.

De nombreux clients arrivent dans mon cabinet avec le poids d'un traumatisme qui a altéré leur corps, leur esprit et leur vie.

De temps en temps, je rencontre quelqu'un qui a vécu une expérience tout aussi dévastatrice et qui, pourtant, s'en est sorti différemment. Ces personnes ressentent toujours la douleur émotionnelle, mais l'expérience n'a pas brisé leur noyau. Leur sentiment de sécurité, de valeur et d'identité est resté intact.

Cette remarquable capacité à traverser l'adversité, à s'y adapter, à s'en remettre et même à se développer est ce que nous appelons la résilience. En tant que thérapeutes et coachs, la théorie de la résilience mérite d'être comprise en profondeur.

Avant de poursuivre, nous avons pensé que vous aimeriez télécharger gratuitement nos cinq outils de psychologie positive. Ces exercices engageants, fondés sur la science, vous aideront à gérer efficacement les circonstances difficiles et vous donneront les moyens d'améliorer la résilience de vos clients, de vos étudiants ou de vos employés.

Définir la résilience : Un concept à multiples facettes

Si la plupart des définitions de la théorie de la résilience mettent en évidence l'interaction entre l'adversité et l'adaptation positive, il n'existe pas d'accord universel sur la manière de la définir ou de la mesurer, ce qui rend difficile son application cohérente dans la recherche et la pratique (Molina-García et al., 2021).

Les théories antérieures considéraient la résilience comme un trait fixe. Nous savons aujourd'hui que la résilience est un processus dynamique qui évolue avec le temps et le contexte.

Composantes essentielles de la résilience

Des décennies de recherche ont permis de dégager cinq catégories qui nous aident à comprendre les composantes essentielles de la théorie de la résilience (Sisto et al., 2019). Chaque catégorie met en évidence une manière différente dont les humains s'adaptent, se rétablissent et se développent face à l'adversité.

  • Capacité de récupération
    Il s'agit de la capacité à retrouver un équilibre psychologique après une situation de détresse. Se rétablir ne signifie pas oublier ou ignorer la douleur. Il s'agit d'intégrer l'expérience et d'aller de l'avant sans se laisser envahir par elle.
  • Type de fonctionnement qui caractérise l'individu
    Certaines personnes possèdent des traits de personnalité durables ou des styles de fonctionnement adaptatifs, tels que l'optimisme, la flexibilité cognitive ou le courage, qui leur permettent de rester psychologiquement bien portantes même dans le chaos. Ces traits peuvent être innés, mais ils sont également façonnés par l'expérience et l'environnement.
  • Capacité de rebondir
    Il s'agit de la tendance à rebondir après un échec et à s'orienter vers la croissance. Il s'agit d'aller au-delà de la survie et de transformer l'expérience en quelque chose qui renforce l'efficacité personnelle et l'espoir.
  • Un processus dynamique qui évolue dans le temps
    La résilience se développe en mouvement. Elle évolue en fonction du développement, du contexte, des relations et de l'interaction entre les facteurs de protection internes et externes. Elle est façonnée par ce que nous vivons et par la façon dont nous évoluons.
  • Adaptation positive aux conditions de vie
    Au fond, la résilience consiste à bien s'adapter. C'est la capacité à s'engager dans la vie, à réguler ses émotions et à donner un sens à sa vie, même en cas de stress chronique, de traumatisme ou de changement.

Si l'on considère l'ensemble de ces catégories, on peut définir la résilience émotionnelle comme la capacité dynamique de rester orienté vers son objectif profond et son sentiment d'identité, même dans l'adversité. Elle implique de se remettre d'une perturbation, de s'adapter au changement et de rebondir avec perspicacité, ce qui se traduit souvent par un parcours de vie renouvelé ou renforcé (Sisto et al., 2019).

Théories et modèles fondamentaux de la résilience

théorie de la résilience dans le travail socialPourquoi certaines personnes s'épanouissent-elles malgré l'adversité alors que d'autres luttent pour s'en sortir ?

De nombreux thérapeutes poussent la question un peu plus loin : Quelles sont les expériences de vie ou les caractéristiques de la personnalité qui prédisposent certaines personnes à surmonter les difficultés alors que d'autres développent un stress aigu ou un trouble de stress post-traumatique?

Ces cadres fondamentaux ont jeté les bases de la définition de la résilience émotionnelle en tant que processus qui se déploie dans le temps, dans les relations et dans les systèmes de soutien (Southwick et al., 2014).

Théorie de la résilience par Norman Garmezy

Le père de la recherche moderne sur la résilience a été l'un des premiers à étudier les enfants qui réussissaient malgré un environnement à haut risque, comme la maladie mentale des parents ou la pauvreté.

Ses recherches ont déplacé l'accent de la pathologie vers les facteurs de protection. Ses recherches ont exploré les traits, les relations et les environnements qui aident les enfants à résister au stress chronique (Masten & Cicchetti, 2012).

L'un des aspects que je préfère dans le travail de Garmezy est qu'il a contribué à ce que la psychologie ne se contente plus de demander "Qu'est-ce qui ne va pas chez vous ?", mais plutôt "Qu'est-ce qui vous aide à rester fort ?".

Son travail a introduit l'idée que la résilience pouvait être étudiée de manière empirique, laissant la place à une science de la force dans l'adversité.

La théorie de la résilience d'Ann Masten

Ann Masten a développé les travaux de Garmezy et inventé l'expression "magie ordinaire" pour décrire la résilience.

Masten (2014) a montré que la résilience n'est ni rare ni extraordinaire. Au contraire, elle se construit à partir de systèmes de soutien quotidiens, tels que les relations de soins, la régulation émotionnelle et la stabilité de la communauté.

Son travail a permis de recadrer la théorie de la résilience comme quelque chose que l'on peut cultiver plutôt que comme quelque chose que l'on possède à la naissance. Il s'agit d'une information précieuse pour nous, thérapeutes et coachs, qui pouvons désormais créer des interventions sur la résilience susceptibles d'autonomiser les clients, les parents et les familles.

La théorie de la résilience de Masten nous invite à considérer la résilience non pas comme un superpouvoir, mais comme une capacité d'adaptation très humaine.

Trajectoire de résilience par George Bonanno

George Bonanno définit la résilience émotionnelle comme une trajectoire stable de fonctionnement sain après un événement très défavorable.

Ses travaux empiriques ont montré que la résilience est courante et qu'elle peut être cartographiée avec précision au fil du temps grâce à des recherches longitudinales. Il distingue différents modèles d'adaptation, tels que la résilience à impact minimal, la récupération tardive et le dysfonctionnement chronique (Bonanno & Burton, 2013).

Il met également l'accent sur la flexibilité réglementaire en tant qu'élément clé. Ce modèle souligne que la résilience est situationnelle, mesurable et façonnée par la capacité d'une personne à adapter ses stratégies d'adaptation en temps réel (Bonanno & Burton, 2013).

Modèle de rétablissement intégré par Rachel Yehuda

Le modèle de rétablissement intégré développé par Rachel Yehuda et al. (2013) remet en question la dichotomie traditionnelle entre résilience et psychopathologie. Ses recherches démontrent que les individus peuvent être à la fois résilients et symptomatiques, en particulier dans les cas de stress post-traumatique.

Yehuda considère la résilience comme un processus permettant d'aller consciemment de l'avant en donnant un sens à sa vie, même lorsque les symptômes persistent. Elle décrit cette forme de résilience comme une réintégration du soi.

Cet état est marqué par un engagement et une adaptation continus. Son modèle nous encourage à considérer la résilience comme un processus dynamique de croissance post-traumatique qui honore à la fois la souffrance et la force.

5 outils gratuits

Télécharger 5 outils gratuits de psychologie positive

Commencez à prospérer dès aujourd'hui grâce à 5 outils gratuits fondés sur la science de la psychologie positive.

8 facteurs influençant la résilience

La résilience est façonnée par des forces internes et externes. Cela peut aller de la mise en œuvre d'interventions thérapeutiques à un niveau plus individuel, telles que la tenue d'un journal, des exercices de neuroplasticité et des pratiques de réflexion quotidienne (Lohner & Aprea, 2021), à la culture de changements sociaux et culturels plus profonds au niveau systémique (Southwick et al., 2014).

Dans l'ensemble des disciplines et des populations, les facteurs clés suivants sont apparus comme ayant une influence sur notre capacité à nous adapter et à évoluer dans l'adversité (Lohner & Aprea, 2021 ; Southwick et al., 2014).

  1. Neuroplasticité et biologie
    La résilience est ancrée dans la neuroplasticité et la biologie. Si le cerveau et le corps jouent un rôle dans la réponse aux traumatismes, ce n'est pas une fatalité. Des pratiques telles que la tenue d'un journal, la gratitude et l'écriture expressive peuvent reconnecter les voies neuronales pour favoriser la guérison émotionnelle.
  2. Régulation des émotions
    Les personnes résilientes savent comment pivoter lorsqu'elles rencontrent des obstacles. Elles adaptent leurs stratégies lorsqu'elles sont bloquées. En tant que thérapeutes, nous pouvons renforcer cette flexibilité grâce à l'autoréflexion, à la conscience émotionnelle et aux outils de résolution de problèmes.
  3. Cadrage cognitif
    La résilience consiste souvent à considérer l'adversité comme une transformation plutôt que comme une défaite. Trouver un sens à la douleur permet aux clients d'intégrer le traumatisme dans leur histoire avec perspicacité plutôt qu'avec honte.
  4. Maîtrise de la motivation
    Les personnes résilientes persistent. Elles considèrent les échecs comme faisant partie de la courbe d'apprentissage qui les aide à renforcer leur auto-efficacité et leur autonomie chaque fois qu'elles essaient à nouveau.
  5. Vision d'avenir
    L'espoir est le point d'ancrage de la résilience. C'est la conviction que la vie peut encore avoir un sens et que nos actions d'aujourd'hui peuvent façonner un avenir meilleur, même en cas de difficultés.
  6. Capital social
    La résilience se nourrit de liens. La famille, les amis, les mentors et les réseaux communautaires augmentent notre capacité d'adaptation et de rétablissement.
  7. Culture et équité
    La culture façonne la manière dont nous comprenons et réagissons à l'adversité. Les interventions efficaces respectent les pratiques de guérison collective. En outre, le logement, la sécurité et les soins de santé constituent les fondements du rétablissement. L'inégalité ajoute une tension chronique qu'aucune force intérieure ne peut à elle seule éliminer.
  8. Moment du développement et préparation
    Notre stade de vie a son importance lorsque l'adversité nous frappe. L'âge et l'expérience de la vie sont liés à notre niveau de préparation et de protection face aux défis. Les stratégies de résilience doivent donc être adaptées aux différentes étapes de la vie.

Appliquer la théorie de la résilience dans la pratique

Théorie de la résilience communautaireLa théorie de la résilience offre aux cliniciens un changement profond, du traitement des symptômes à la culture des forces, de la focalisation sur ce qui est cassé à la canalisation de ce qui fonctionne déjà.

Selon moi, au lieu de se demander "qu'est-ce qui ne va pas ?", ces modèles nous encouragent à nous demander "qu'est-ce qui est possible ?". Cette réorientation invite le thérapeute et le client à explorer les qualités qui les ont soutenus dans les épreuves et à s'appuyer sur ces forces avec intention.

Nous pouvons appliquer la théorie de la résilience à nos pratiques de différentes manières. Tout d'abord, commencer par une évaluation collaborative ou utiliser des échelles de résilience pour mesurer les forces, les compétences et les systèmes de soutien d'un client, en identifiant à la fois les atouts internes et les ressources externes (Zimmerman et al., 2013).

À partir de là, il faut travailler avec les clients pour fixer des objectifs qui s'appuient sur leurs capacités et respectent leur autonomie et leur confiance en eux. Les interventions devraient se concentrer sur l'amélioration de ce qui existe déjà, comme la compréhension émotionnelle du client, les stratégies d'adaptation, les compétences relationnelles, l'auto-efficacité et la flexibilité cognitive (Social Work Test Prep, 2023).

Pour en savoir plus sur la façon de cultiver la résilience, nous vous recommandons cet exposé TED : Les trois secrets des personnes résilientes.

Les trois secrets des personnes résilientes - Lucy Hone

La résilience dans tous les domaines

La résilience émotionnelle vit et respire dans différents systèmes et contextes. Elle se présente différemment selon les ressources disponibles, les facteurs de stress rencontrés et les valeurs qui guident chaque groupe. Il est important de s'éloigner de l'individu et de reconnaître comment la résilience se manifeste dans les relations, les systèmes et les identités collectives.

En comprenant la résilience dans tous les domaines, nous obtenons une image plus complète de ce qui aide les gens à surmonter les épreuves.

    • Résilience familiale
      La résilience familiale est la capacité d'un système familial à s'adapter, à se connecter et à se rétablir après une épreuve en s'appuyant sur des valeurs communes, la communication et la cohésion (Walsh, 2007).
  • La résilience à la honte
    La résilience à la honte est un processus qui consiste à surmonter la honte en prenant conscience de soi, en faisant preuve d'empathie et en établissant des liens, ce qui permet aux individus de grandir plutôt que de s'effondrer sous le poids de l'auto-jugement (Brown, 2006).
  • Résilience communautaire
    La résilience communautaire fait référence à la capacité collective des communautés résilientes à répondre aux perturbations et à s'en remettre tout en maintenant les fonctions essentielles et la cohésion (FEMA, 2021).
  • Résilience organisationnelle
    Il s'agit de la capacité d'une organisation à résister aux perturbations, à s'adapter rapidement et à continuer à fonctionner. La résilience organisationnelle est souvent liée au leadership, à la culture et à la communication (Walsh College, 2023).
  • Résilience culturelle
    La résilience culturelle est la capacité des groupes culturels à maintenir leur identité, leurs pratiques et leurs valeurs face à l'adversité, en assurant un sentiment de continuité et de sens (Ungar, 2012).
  • Résilience éducative
    La résilience éducative est la capacité d'un élève à réussir sur le plan académique malgré une exposition à une adversité importante. La résilience éducative est souvent soutenue par des relations solides et une motivation personnelle (Martinez & Dukes, 2020).
  • Résilience écologique
    La résilience écologique est la capacité d'un écosystème à se remettre de perturbations environnementales tout en conservant sa structure et ses fonctions essentielles (Holling, 1973).

Prenez le temps de réfléchir aux domaines dans lesquels vous avez pu observer de la résilience. Des communautés qui s'unissent à la suite d'une inondation, une famille qui s'adapte à la perte soudaine d'un parent ou un étudiant qui maintient d'excellentes notes au milieu d'émeutes sur un campus sont des exemples de résilience dans tous les domaines.

Lorsque nous élargissons notre regard, nous commençons à voir la résilience partout, en nous-mêmes, dans les familles qui se soutiennent mutuellement, dans les communautés qui se reconstruisent ensemble et dans les cultures qui transmettent leur force d'une génération à l'autre.

La plus grande ressource de psychologie positive au monde

Le Positive Psychology Toolkit© est une ressource novatrice destinée aux praticiens, qui contient plus de 600 exercices, activités, interventions, questionnaires et évaluations fondés sur la science, créés par des experts à partir des dernières recherches en psychologie positive.

Mise à jour mensuelle. 100% basé sur la science.

"La meilleure ressource de psychologie positive qui soit !
- Emiliya Zhivotovskaya, PDG du Flourishing Center

Modèle de résilience 3P de Seligman

Travaillant depuis plus de 15 ans avec des survivants de traumatismes complexes, j'ai remarqué que la façon dont les clients interprètent leurs expériences peut soit intensifier leur souffrance, soit créer un espace de guérison.

Dans ce contexte, j'ai utilisé le modèle des 3P de Seligman (2006) comme cadre pour aider certains clients à voir les lentilles à travers lesquelles leur traumatisme déforme leurs perceptions et entrave leur résilience.

Selon Seligman (2006), la personnalisation est la croyance que nous sommes entièrement responsables de ce qui s'est passé. L'omniprésence est le sentiment que le traumatisme a entaché chaque partie de notre vie. Et la permanence est la crainte que la douleur ne s'arrête jamais.

Si ces croyances sont courantes chez les personnes ayant survécu à un traumatisme, elles sont également malléables. Les recherches de Seligman montrent que lorsque nous apprenons à recadrer ces interprétations déformées, nous augmentons notre capacité à nous rétablir, à nous reconstruire et à grandir.

Dans le cadre d'une thérapie tenant compte des traumatismes, aider les clients à examiner ces récits douloureux et ces schémas dysfonctionnels devient un outil clinique pour restaurer la confiance en soi (Copley, 2023).

Voici comment je décompose les choses en utilisant l'approche de Seligman.

Si un client pense que c'est de sa faute si un traumatisme lui est arrivé (personnalisation), je l'aide à explorer le contexte, à clarifier la responsabilité et à introduire l'autocompassion à la fois dans le souvenir et dans l'émotion sensorielle du moment.

Lorsque mon client a l'impression que son traumatisme définit tous les aspects de sa vie (omniprésence), je l'aide à retrouver des domaines de compétence, de connexion et de joie afin de lui donner une perspective et des preuves de sa capacité à surmonter et à s'épanouir.

Lorsque la douleur semble être un état constant (permanence), mes clients et moi explorons les preuves cliniques et vécues que les symptômes de traumatisme changeront avec le temps, les soins, l'intention et le soutien.

Au lieu de se demander "Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?", mes clients sont invités à se demander "Qu'est-ce qui m'est arrivé et comment puis-je le vivre différemment, tant sur le plan intellectuel qu'émotionnel ?".

Ce passage de la pathologie à la possibilité est au cœur de la résilience.

Recherche sur la psychologie positive et la résilience

Traumatisme de guerreEn tant que thérapeute spécialisé dans les traumatismes, j'ai vu des clients endurer des expériences dévastatrices. Néanmoins, d'une manière ou d'une autre, beaucoup d'entre eux trouvent le moyen d'aller de l'avant avec ouverture et intention. De nouvelles études en psychologie positive et en recherche sur la résilience nous aident à comprendre pourquoi.

Nous savons aujourd'hui que la résilience est la capacité de donner la priorité aux émotions et au bien-être, d'accéder aux forces internes et de les développer, comme la régulation émotionnelle et la recherche de sens, et d'entretenir le soutien externe, comme la communauté et les liens (Kalisch et al., 2021).

Parmi les résultats les plus prometteurs des recherches récentes, citons les suivants :

  • Les émotions positives jettent les bases d'un bien-être à long terme en augmentant notre capacité à penser clairement, à résoudre des problèmes et à établir des relations de soutien (Holmedal Byrne & Gustafsson, 2024).
  • Le sens et la perspective temporelle sont des qualités que possèdent les personnes résilientes. Les personnes qui ont un but et un état d'esprit tourné vers l'avenir ont tendance à faire état d'une plus grande résilience et d'une plus grande satisfaction dans la vie (Molina-García et al., 2021).
  • Il a été démontré que les interventions fondées sur la psychologie positive, comme l'autocompassion et la réparation relationnelle, augmentent la résilience et améliorent la santé mentale, même chez les personnes souffrant d'une grave détresse psychologique (Holmedal Byrne & Gustafsson, 2024).
  • Enfin, les personnes résilientes privilégient la débrouillardise à la résistance mentale. Selon Bonanno et Westphal (2024), les personnes résilientes ne se contentent pas de surmonter les difficultés ; elles savent comment demander de l'aide.

Notre travail en tant que thérapeutes est d'aider les clients à se reconnecter à ces capacités innées. Grâce à cette recherche, nous pouvons apprendre à réduire la douleur émotionnelle et à restaurer l'espoir, l'efficacité, la résilience et l'optimisme(HERO).

17 Outils de résilience et d'adaptation

17 outils pour renforcer la résilience et les capacités d'adaptation

Donnez aux autres les moyens de gérer les inévitables défis de la vie et d'en tirer des leçons grâce à ces 17 exercices de résilience et d'adaptation [PDF], afin d'accroître leur capacité à s'épanouir.

Créé par des experts. 100 % fondés sur la science.

Critiques des théories de la résilience psychologique

Si la théorie de la résilience peut constituer un cadre puissant pour la guérison, elle n'est pas sans susciter des controverses. Certains critiques affirment que la théorie de la résilience risque de devenir plus nuisible qu'utile.

Mahdiani et Ungar (2021) craignent que la théorie de la résilience ne renforce l'individualisme au détriment du contexte.

Le fait de mettre l'accent sur des caractéristiques personnelles telles que le cran ou l'optimisme peut masquer l'impact réel des conditions sociales, des systèmes de soutien et de la dynamique du pouvoir. Ce cadre peut également alimenter les idéologies néolibérales, suggérant subtilement que si une personne ne peut pas rebondir, c'est qu'elle n'a tout simplement pas fait assez d'efforts. Cela soulève également la question de l'exonération des systèmes de leur responsabilité de soutenir la guérison et l'équité (Mahdiani & Ungar, 2021).

De nombreuses définitions de la résilience sont également entachées d'un préjugé culturel. La plupart des recherches s'appuient sur des modèles individualistes d'adaptation et de rétablissement, laissant de côté les conceptions collectivistes ou spirituelles qui sont au cœur de la résilience dans de nombreuses communautés.

Enfin, la théorie de la résilience peut être mal utilisée. Même en tant que thérapeutes, nous pouvons l'idéaliser au point de pathologiser la lutte et de romancer la survie. Toutes les formes d'adaptation ne sont pas saines. Et si vous voulez mon avis, parfois ce que nous appelons résilience est en fait une réponse à un traumatisme ou une forme d'endurance qui fait taire une souffrance réelle et valable.

Autres ressources de PositivePsychology.com

L'intégration de la théorie de la résilience dans votre travail peut, lorsqu'elle est utilisée de manière appropriée, améliorer les résultats thérapeutiques des clients. Si vous êtes prêt à intégrer les compétences de résilience dans votre vie, nous disposons de plusieurs outils pour vous aider dans cette démarche.

Notre Maximizing Strengths Masterclass© est un puissant kit d'outils de coaching conçu pour vous aider à découvrir et à activer votre potentiel intérieur. Elle comprend des présentations animées par des experts, des exercices guidés et des vidéos pratiques pour favoriser un changement durable.

Pour ceux qui cherchent à renforcer leur résilience, nous proposons gratuitement une série d'outils fondés sur des données probantes. Ces activités de résilience vous aident non seulement à faire face à l'adversité, mais aussi à vous épanouir.

Les ressources comprennent :

  • Feuille de travail sur la résilience et le changement
    Un outil de réflexion guidée qui aide les clients à identifier les forces, les soutiens et la sagesse qui les ont aidés à s'adapter pendant une transition de vie, en leur rappelant qu'ils ont déjà fait des choses difficiles et qu'ils peuvent le faire à nouveau.
  • Se renforcer après un traumatisme
    Cette feuille de travail invite les clients à explorer comment même les expériences douloureuses peuvent mener à la compréhension, à la force et à la croissance post-traumatique sans minimiser la douleur qui est survenue en premier.

Lectures recommandées

Si vous cherchez des moyens plus scientifiques d'aider les autres à surmonter l'adversité, cette collection contient 17 exercices validés de résilience et d'adaptation. Utilisez-les pour aider les autres à se remettre de leurs difficultés personnelles et à transformer les revers en opportunités de croissance.

Un message à emporter

En tant que thérapeutes, nous devons honorer la résilience sans la militariser. En étant à la fois informés sur les traumatismes et conscients de la culture, nous pouvons prendre en compte les systèmes qui exigent des personnes qu'elles soient résilientes en premier lieu et fournir les soins appropriés en cas de besoin.

N'oubliez pas que les clients sont les experts de leur propre expérience, et que nous laissons la place à leur voix et à leur chemin unique vers l'avenir.

Plutôt que de pathologiser leur douleur, nous recadrons les défis comme des portails de croissance, en utilisant la quête de la connaissance de soi et d'une connexion significative pour ancrer la transformation (Copley, 2023).

Que ce soit en milieu clinique ou dans le cadre du développement communautaire, la théorie et le travail sur la résilience consistent à aider les clients à revenir à eux avec force, clarté et un sens renouvelé des possibilités.

Nous espérons que cet article vous a plu. N'oubliez pas de télécharger gratuitement nos cinq outils de psychologie positive.

ED : Mise à jour août 2025

Questions fréquemment posées

L'adaptation fait référence aux stratégies spécifiques que nous utilisons dans l'instant pour gérer le stress, tandis que la résilience est la capacité plus large de s'adapter, de se rétablir et de se développer au fil du temps. Il faut considérer l'adaptation comme une étape unique et la résilience comme un voyage (Bonanno & Burton, 2013).

Oui, la résilience est un processus dynamique façonné par nos expériences, nos relations et nos pratiques intentionnelles. Avec le soutien adéquat, nous pouvons développer les compétences et l'état d'esprit qui renforcent la résilience au fil du temps (Masten, 2014).

Oui, la théorie de la résilience recadre la guérison des traumatismes en mettant l'accent sur les points forts, les facteurs de protection et la capacité d'adaptation. Elle aide les thérapeutes et les clients à se concentrer non seulement sur ce qui n'a pas fonctionné, mais aussi sur ce qui peut favoriser la guérison et la croissance post-traumatique (Kalisch et al., 2021).

La résilience consiste à s'adapter de manière significative et à revenir à une situation saine après une épreuve. La croissance post-traumatique va plus loin. Elle implique une transformation et la découverte d'un nouveau but, d'une connexion plus profonde ou d'une force personnelle à la suite de ce qui a été enduré (Seligman, 2006).

  • Bonanno, G. A., et Burton, C. L. (2013). Regulatory flexibility : An individual differences perspective on coping and emotion regulation. Perspectives on Psychological Science, 8(6), 591-612. https://doi.org/10.1177/1745691613504116
  • Bonanno, G. A. et Westphal, M. (2024). The three axioms of resilience. Journal of Traumatic Stress, 37(5), 717-723. https://doi.org/10.1002/jts.23071
  • Brown, B. (2006). Shame resilience theory : A grounded theory study on women and shame. Families in Society, 87(1), 43-52. https://doi.org/10.1606/1044-3894.3483
  • Copley, L. A. (2023). Loving you is hurting me : Une nouvelle approche de la guérison des liens traumatiques et de la création d'une connexion authentique. Hachette/Balance.
  • FEMA. (2021). Analyse des indicateurs de résilience des communautés. Agence fédérale de gestion des urgences. https://hazards.fema.gov/nri/community-resilience
  • Holmedal Byrne, K. et Gustafsson, B. M. (2024). Étude de mise en œuvre de "Building Resilience", comprenant des interventions de psychologie positive et une formation à la régulation des émotions positives chez des patients atteints de maladies mentales graves dans un cadre de santé mentale psychiatrique ambulatoire pour adultes : An exploratory clinical trial. Behavior Modification, 48(5-6), 537-560. https://doi.org/10.1177/01454455241269842
  • Holling, C. S. (1973). Résilience et stabilité des systèmes écologiques. Annual Review of Ecology, Evolution, and Systematics, 4, 1-23. https://doi.org/10.1146/annurev.es.04.110173.000245
  • Kalisch, R., Köber, G., Binder, H., Ahrens, K. F., Basten, U., Chmitorz, A., Choi, K. W., Fiebach, C. J., Goldbach, N., Neumann, R. J., Kampa, M., Kollmann, B, Lieb, K., Plichta, M. M., Reif, A., Schick, A., Sebastian, A., Walter, H., Wessa, M., ... & Engen, H. (2021). Le paradigme des facteurs de stress fréquents et de la surveillance de la santé mentale : Une proposition pour l'opérationnalisation et la mesure de la résilience et l'identification des processus de résilience dans les études d'observation longitudinales. Frontiers in Psychology, 12, Article 710493. https://doi.org/10.3389/fpsyg.2021.710493
  • Lohner, M. S., et Aprea, C. (2021). The resilience journal : Exploring the potential of journal interventions to promote resilience in university students. Frontiers in Psychology, 12, Article 702683. https://doi.org/10.3389/fpsyg.2021.702683
  • Mahdiani, H. et Ungar, M. (2021). Le côté obscur de la résilience. Adversity and Resilience Science, 2, 147-155. https://doi.org/10.1007/s42844-021-00031-z
  • Martinez, R. et Dukes, R. (2020). La résilience dans l'éducation : Factors supporting academic success among at-risk students. Educational Researcher, 49(4), 263-274.
  • Masten, A. S. (2014). Ordinary magic : Resilience in development. Guilford Press.
  • Masten, A. S., & Cicchetti, D. (Eds.). (2012). Risk and resilience in development and psychopathology : L'héritage de Norman Garmezy. Development and Psychopathology, 24(2), 333-334. https://doi.org/10.1017/S0954579412000016
  • Molina-García, L., Castillo, I. et Queralt, A. (2021). Étude transversale de la résilience, de la positivité et des stratégies d'adaptation en tant que prédicteurs de l'engagement et de l'épuisement chez les étudiants de premier cycle : Implications pour la prévention et le traitement du bien-être mental. Frontiers in Psychiatry, 12, Article 596453. https://doi.org/10.3389/fpsyt.2021.596453
  • Seligman, M. E. P. (2006). Learned optimism : How to change your mind and your life. Vintage Books.
  • Sisto, A., Vicinanza, F., Campanozzi, L. L., Ricci, G., Tartaglini, D., & Tambone, V. (2019). Vers une définition transversale de la résilience psychologique : Une revue de la littérature. Medicina, 55(11), 745. https://doi.org/10.3390/medicina55110745
  • Préparation aux tests de travail social. (2023, 21 décembre). Strengths-based and resilience theories. https://socialworktestprep.com/blog/2023/december/21/strengths-based-and-resilience-theories/
  • Southwick, S. M., Bonanno, G. A., Masten, A. S., Panter-Brick, C. et Yehuda, R. (2014). Définitions, théories et défis de la résilience : Interdisciplinary perspectives. European Journal of Psychotraumatology, 5(1), Article 25338. https://doi.org/10.3402/ejpt.v5.25338
  • Ungar, M. (2012). Social ecologies and their contribution to resilience (Écologies sociales et leur contribution à la résilience). Dans M. Ungar (Ed.), The social ecology of resilience (pp. 13-32). Springer.
  • Walsh, F. (2007). Traumatic loss and major disasters : Renforcer la résilience des familles et des communautés. Family Process, 46(2), 207-227. https://doi.org/10.1111/j.1545-5300.2007.00205.x
  • Walsh College. (2023). Qu'est-ce que la résilience organisationnelle ? https://walshcollege.edu/career-services/professional-development/what-is-organizational-resilience/
  • Yehuda, R., Daskalakis, N. P., Desarnaud, F., Makotkine, I., Lehrner, A. L., & Koch, E. (2013). Epigenetic biomarkers as predictors and correlates of symptom improvement following psychotherapy in combat veterans with PTSD. Frontiers in Psychiatry, 4, Article 118. https://doi.org/10.3389/fpsyt.2013.00118
  • Zimmerman, M. A., Stoddard, S. A., Eisman, A. B., Caldwell, C. H., Aiyer, S. M., & Miller, A. (2013). Adolescent resilience : Promotive factors that inform prevention. Child Development Perspectives, 7(4), 215-220. https://doi.org/10.1111/cdep.12042
Commentaires

Ce qu'en pensent nos lecteurs

  1. Jacqui Reed

    Chaque été, je fais partie d'une communauté menacée par les incendies de forêt. La résilience communautaire et individuelle n'a jamais été aussi importante. Nous essayons tous d'accroître nos compétences et nos ressources pour nous préparer, et cet article, ainsi que les liens et les références, sont merveilleusement utiles et accessibles à un profane comme moi. Je vous remercie.

    Réponse
  2. Ruhul Amin Noel

    Cet article semble très intéressant et explique beaucoup de théorie. Pour mon doctorat, je cherche à savoir quelle théorie ou quel modèle serait particulièrement adapté à un sujet qui traite de la résilience individuelle et organisationnelle pour s'adapter à un marché du travail perturbé.

    Réponse
    • Julia Poernbacher

      Bonjour Ruhul,

      Un sujet de thèse intéressant ! Voici quelques suggestions :
      - Théorie de la résilience: Elle étudie la manière dont les individus et les organisations résistent et s'adaptent à l'adversité, ce qui permet de mieux comprendre comment rebondir face aux difficultés du marché de l'emploi.
      - Théorie du capital psychologique (PsyCap): étudie le rôle de l'état psychologique positif d'un individu (espoir, efficacité, résilience, optimisme) dans la promotion de l'adaptabilité et de la résilience.

      J'espère que cela vous aidera et je vous souhaite bonne chance dans vos recherches 🙂 .
      Chaleureuses salutations,
      Julia | Community Manager

      Réponse
  3. A BARA'U ALIYU

    Très bon et intéressant.............

    Réponse
  4. Paul Gibbons

    Il s'agit d'un excellent résumé d'un domaine complexe. N'hésitez pas à me contacter sur LinkedIn - j'écris également dans ce domaine.

    Réponse

Faites-nous part de vos commentaires

Votre adresse électronique ne sera pas publiée.

Catégories

Lire d'autres articles par catégorie

Pack de 3 exercices de résilience