Le syndrome de l'imposteur reflète souvent une estime de soi trop étroitement liée à la performance.
Le succès n'élimine pas toujours le doute lorsque l'estime de soi dépend de la réussite.
L'estime de soi basée sur la performance peut donner l'impression aux personnes les plus compétentes d'être des imposteurs.
L'un des obstacles les plus courants à une estime de soi stable est le syndrome de l'imposteur, c'est-à-dire le sentiment persistant de ne pas être à la hauteur, malgré des preuves évidentes de compétence.
De nombreuses personnes supposent que le succès mène naturellement à la confiance en soi, mais ce n'est pas toujours le cas.
Il est essentiel de comprendre le syndrome de l'imposteur, car il met en évidence la manière dont l'estime de soi peut être liée à des réalisations extérieures, plutôt qu'à un sentiment stable et interne de valeur personnelle, et pourquoi il peut être si difficile de rompre avec ce schéma (Danilo, 2022).
Alors que notre précédent article guidait les lecteurs vers les meilleures ressources en matière d'estime de soi, nous explorons ici la relation entre le syndrome de l'imposteur et l'estime de soi.
Avant de poursuivre, nous avons pensé que vous aimeriez télécharger gratuitement nos cinq outils de psychologie positive. Ces exercices engageants, fondés sur la science, vous aideront à gérer efficacement les circonstances difficiles et vous donneront les moyens d'améliorer la résilience de vos clients, de vos étudiants ou de vos employés.
Le syndrome de l'imposteur est l'expérience qui consiste à douter de ses capacités et à se sentir comme un imposteur, même s'il existe des preuves évidentes que l'on est capable. Il s'agit d'un récit interne persistant qui vous dit que votre succès n'est pas réel ou qu'il n'est pas mérité, plutôt qu'un doute occasionnel sur vous-même (Lane, 2025).
Les personnes souffrant du syndrome de l'imposteur pensent souvent que leur réussite est due à la chance, au hasard ou à des facteurs externes et que les autres les ont en quelque sorte surestimées. Elles pensent également qu'elles ne sont pas aussi capables que les autres le pensent et qu'elles doivent constamment faire leurs preuves pour rester crédibles (Danilo, 2022).
Ce qui rend le syndrome de l'imposteur particulièrement difficile, c'est que ces sentiments coexistent souvent avec une véritable réussite. Une personne peut avoir de bons résultats au travail, recevoir des éloges ou franchir des étapes importantes tout en ayant l'impression d'être à deux doigts d'être "démasquée" (Danilo, 2022).
C'est pourquoi le syndrome de l'imposteur et l'estime de soi peuvent être si déroutants. De l'extérieur, tout semble parfait, voire impressionnant. Mais à l'intérieur, il y a un décalage entre la réalité et la perception. À la base, le syndrome de l'imposteur est lié à la manière dont une personne interprète ses capacités. Il s'agit d'un décalage entre ce que la personne a accompli et ce qu'elle pense de ses réalisations (Lane, 2025).
Le lien entre le syndrome de l'imposteur et l'estime de soi
Le syndrome de l'imposteur modifie progressivement le fonctionnement de l'estime de soi.
Au lieu d'avoir une estime de soi interne et stable, une personne atteinte du syndrome de l'imposteur a une estime de soi très fragile qui dépend de circonstances extérieures.
Dans le cas du syndrome de l'imposteur, l'estime de soi fluctue en fonction de la façon dont les choses se passent (Khandelwal & Gautam, 2025).
Lorsque l'estime de soi est influencée par la pensée de l'imposteur, elle devient souvent conditionnée par la réussite. Une personne atteinte du syndrome de l'imposteur se sent bien dans sa peau lorsque les choses vont bien, mais cette confiance ne dure pas. Elle est liée aux résultats plutôt qu'à quelque chose de stable au sein de la personne.
Les personnes atteintes du syndrome de l'imposteur sont souvent facilement ébranlées par les erreurs. Même les petits revers peuvent leur sembler démesurément importants. Une erreur mineure peut soudain confirmer leurs pires craintes de ne pas être à la hauteur.
L'estime de soi dépend des réactions extérieures. Les compliments peuvent leur donner un coup de pouce temporaire, mais souvent ils ne restent pas. Les personnes souffrant du syndrome de l'imposteur peuvent rejeter les commentaires positifs, les remettre en question ou avoir l'impression qu'elles doivent continuer à les mériter (Lane, 2025).
Le cycle de l'imposteur
Ce schéma tend à créer un cycle répétitif d'imposture. La réussite entraîne un regain de confiance temporaire, suivi d'un doute, d'un surmenage et d'un épuisement professionnel. Ce cycle se répète.
Pour compenser, les personnes souffrant du syndrome de l'imposteur se surmènent en travaillant plus longtemps, en se préparant trop ou en essayant d'éviter les erreurs à tout prix (Kolligian & Sternberg, 1991 ; Danilo, 2022).
Au fil du temps, ce cycle peut devenir épuisant. Au lieu de se réjouir des progrès accomplis, les personnes aux prises avec le cycle de l'imposteur tentent constamment de répondre à des attentes internes et externes rigides.
L'estime de soi dépend donc fortement des réactions des autres et des résultats toujours favorables aux événements de la vie quotidienne, ce qui la rend peu fiable et fragile (Khandelwal & Gautam, 2025).
Télécharger 5 outils gratuits de psychologie positive
Commencez à prospérer dès aujourd'hui grâce à 5 outils gratuits fondés sur la science de la psychologie positive.
Télécharger les outils
Valeur personnelle contingente et validation externe
Au cœur du syndrome de l'imposteur se trouve ce que les psychologues appellent souvent l'estime de soi contingente (Lane, 2025), c'est-à-dire l'idée que notre valeur dépend de nos performances. Lorsque notre estime de soi est contingente, elle n'est pas stable. Elle varie en fonction de notre succès ou de notre échec le plus récent, de la réaction des autres et de la façon dont nous nous comparons à ceux qui nous entourent.
Cela peut conduire à des comparaisons constantes qui mettent souvent l'accent sur les lacunes plutôt que sur les points forts. La peur de l'échec peut devenir une force motrice dans la vie. Les erreurs nous mettent mal à l'aise et nous menacent, comme si elles révélaient quelque chose de fondamental sur notre valeur personnelle.
Les personnes qui ont le sentiment d'être des imposteurs ont souvent du mal à accepter les compliments. Les compliments peuvent sembler immérités ou temporaires et sont balayés d'un revers de main parce qu'ils supposent que les autres ne voient pas l'ensemble de la situation (Danilo, 2022).
Valeur de soi interne ou externe
Lorsque l'estime de soi est dictée par l'extérieur, le succès devient un élément nécessaire pour se sentir bien. En revanche, lorsque l'estime de soi est fondée sur l'intérieur, le succès devient quelque chose que l'on expérimente plutôt que quelque chose qui définit notre valeur. Cette distinction est subtile mais puissante.
Avoir un locus interne d'estime de soi signifie que vous pouvez réussir sans avoir l'impression que votre valeur personnelle en dépend et échouer sans avoir l'impression que votre valeur personnelle a diminué. Cela signifie que vous pouvez accepter les compliments sans avoir besoin qu'ils vous valident.
Passer d'un locus externe d'auto-évaluation à un locus interne est l'une des mesures les plus importantes à prendre pour réduire le syndrome de l'imposteur (Khandelwal & Gautam, 2025).
Briser le syndrome de l'imposteur en améliorant l'estime de soi
Le doute est un élément normal de la croissance, en particulier lorsque vous vous mettez à l'épreuve ou que vous essayez quelque chose de nouveau. L'objectif est de changer le pouvoir que le doute a sur vous.
La réduction du syndrome de l'imposteur commence par la construction d'une base plus stable d'estime de soi qui ne dépend pas de la performance (Lane, 2025).
Des moyens pratiques pour briser le schéma
Il est possible de briser le schéma du syndrome de l'imposteur en utilisant des outils structurés d'estime de soi.
Les exercices présentés dans notre article sur les ressources en matière d'estime de soi, tels que la remise en question des pensées négatives et l'identification des points forts, sont directement pertinents ici. Ils peuvent vous aider à remettre en question les hypothèses qui alimentent la pensée imposteur. Voici des exemples de moyens pratiques pour rompre le cycle.
Remettre en question la pensée perfectionniste
Le syndrome de l'imposteur est souvent sous-tendu par une règle tacite : "Je dois tout réussir". Réfléchissez aux points sur lesquels vous vous fixez des normes irréalistes et expérimentez la possibilité de vous contenter d'un "assez bon" (Danilo, 2022).
Distinguer l'identité de la performance
Vous êtes bien plus que votre dernière réussite. Un changement de mentalité utile consiste à considérer les résultats comme des choses que l'on fait, et non comme ce que l'on est. Par exemple, "J'ai fait une erreur" au lieu de "Je suis incompétent". Ou encore : "Cela ne s'est pas passé comme prévu", au lieu de "Je ne suis pas assez bon" (Lane, 2025).
Pratiquer l'autocompassion
Il s'agit de changer le ton de la façon dont vous vous adressez à vous-même en interne, plutôt que d'abaisser vos exigences. L'un des moyens les plus efficaces de développer l'autocompassion est de réfléchir à la manière dont vous vous adresseriez à un ami proche dans la même situation et d'essayer de vous offrir la même compréhension (Danilo, 2022).
Normaliser l'expérience
Le syndrome de l'imposteur est incroyablement fréquent chez les personnes compétentes et performantes. Le fait de reconnaître que vous n'êtes pas seul peut atténuer le sentiment que quelque chose ne va pas chez vous (Lane, 2025).
Ressources supplémentaires
Si vous souhaitez un soutien plus ciblé, nous disposons de ressources qui peuvent vous aider à explorer les schémas du syndrome de l'imposteur et à y remédier. Tout d'abord, jetez un coup d'œil à cet article qui recommande des livres sur le syndrome de l'imposteur.
Le syndrome de l'imposteur a tendance à se manifester chez les personnes qui ont à cœur de bien faire et qui s'efforcent de progresser. Le véritable problème à l'origine de ces comportements est leur source d'estime de soi. Lorsque l'estime de soi est trop étroitement liée à la réussite, elle peut devenir instable.
Si le succès apporte un soulagement temporaire, il ne permet pas d'instaurer une confiance durable. Le doute revient rapidement et le cycle se poursuit. En cultivant un sentiment d'estime de soi plus interne et plus stable, vous pouvez créer une base différente pour l'estime de soi, dans laquelle votre valeur devient indiscutable.
À partir de là, la confiance en soi se développe et l'estime de soi devient plus résistante et plus stable en cas de problème.
Le syndrome de l'imposteur est-il un signe de faible estime de soi ?
Le syndrome de l'imposteur peut l'être, mais il reflète généralement une estime de soi instable ou conditionnelle. Une personne atteinte du syndrome de l'imposteur peut parfois se sentir confiante, mais cette confiance dépend fortement des performances et de la validation externe.
Pourquoi les personnes qui réussissent souffrent-elles du syndrome de l'imposteur ?
La réussite seule ne suffit pas pour avoir une estime de soi stable. Si l'estime de soi dépend principalement des réalisations extérieures, même une bonne performance ne donnera pas un sentiment de sécurité, car nous commettons tous inévitablement des erreurs ou des échecs. Sans une base interne stable pour l'estime de soi, vous risquez de vous inquiéter souvent de ne pas être à la hauteur, quelle que soit la qualité de votre travail.
Références
Danilo, A. (2022). The impostor syndrome workbook : Exercices pour renforcer votre confiance, vous approprier votre succès et embrasser votre brillance. Sourcebooks, Inc.
Khandelwal, K. et Gautam, S. K. (2025). L'impact de la résilience sur l'estime de soi et le syndrome de l'imposteur chez les jeunes adultes. International Journal of Interdisciplinary Approaches in Psychology, 3(5), 1225-1236.
Kolligian, J. Jr. et Sternberg, R. J. (1991). Perceived fraudulence in young adults : Is there an "impostor syndrome" ? Journal of Personality Assessment, 56(2), 308-326. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa5602_10
Lane, P. (2025). The narrative therapy workbook for self-esteem : Réécrivez votre histoire, surmontez le syndrome de l'imposteur et les sentiments d'inadéquation, et construisez une confiance durable. New Harbinger Publications.
À propos de l'auteur
Jo Nash, Ph.D., a commencé sa carrière en tant qu'infirmière en santé mentale avant de travailler dans le domaine de la défense de la santé mentale et de la recherche sur les politiques. Après avoir obtenu un doctorat en études psychothérapeutiques, elle a enseigné la santé mentale à l'université de Sheffield pendant plus de dix ans avant de partir en Inde pour étudier et pratiquer le bouddhisme. Aujourd'hui, Jo travaille comme coach transpersonnel accrédité, combinant le travail sur les parties basé sur l'IFS, l'ACT et les interventions de psychologie positive dans son travail avec des adultes neurodivergents et très sensibles.
Dans quelle mesure cet article vous a-t-il été utile ?