La maîtrise de soi est une compétence qui s'acquiert au fil du temps grâce à l'interaction de systèmes cognitifs, émotionnels et environnementaux.
Les défaillances de la maîtrise de soi reflètent souvent le stress, les limites du développement ou la surcharge de l'environnement plutôt qu'une défiance délibérée.
Une discipline efficace se concentre sur le renforcement de la capacité de régulation par le biais de la structure, de la corégulation et du développement des compétences, et non sur la punition ou la conformité seules.
Lorsque les parents cherchent des conseils pour enseigner l'autorégulation à leur famille, il est facile pour eux de se laisser submerger par des conseils sur la volonté, l'obéissance, la discipline, le contrôle des impulsions, la gratification et la motivation.
C'est pourquoi, dans ce guide, nous nous concentrerons sur la maîtrise de soi.
Nous partagerons des étapes pratiques pour les cliniciens et les coachs parentaux, en clarifiant ce qu'est la maîtrise de soi, ce qui la mine, et comment la construire délibérément tout au long du développement, en aidant les familles à créer des opportunités de croissance plutôt que de conflit.
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Ce qu'est la maîtrise de soi et ce qu'elle n'est pas
La théorie de la maîtrise de soi fait référence à la capacité, d'un moment à l'autre, d'inhiber une impulsion, de déplacer son attention ou de choisir une réponse alignée sur un objectif à long terme plutôt que sur un besoin immédiat (Englert, 2025).
En science du développement, elle est étroitement liée aux fonctions exécutives, ou processus cognitifs impliquant le contrôle inhibiteur, la mémoire de travail et la flexibilité cognitive, qui permettent un comportement orienté vers un objectif face à des distractions ou des tentations (Frick & Chevalier, 2022).
L'autorégulation est un système plus large qui comprend la maîtrise de soi (le choix du moment) et la régulation continue des émotions, de l'attention et du comportement au fil du temps (Gagne et al., 2021). Elle dépend de multiples composantes en interaction : le contrôle cognitif, la modulation des émotions et la capacité à s'adapter à des objectifs changeants.
Dans les familles, la discipline consiste à enseigner et à guider, c'est-à-dire à structurer intentionnellement les expériences, à renforcer les compétences et à fournir un retour d'information correctif afin que les enfants puissent développer une capacité de régulation au fil du temps. Il ne s'agit pas simplement d'imposer la conformité (Heinze et al., 2024).
L'obéissance, ou la conformité, est un résultat comportemental. Le fait qu'un enfant fasse ce qu'on lui demande ne garantit pas que la capacité sous-jacente de maîtrise de soi se soit développée.
Pourquoi les définitions sont importantes d'un point de vue clinique
Lorsqu'un enfant fait des crises à répétition, le problème n'est pas toujours lié à la volonté. Il peut s'agir de compétences exécutives immatures qui se développent encore pendant la petite enfance, d'un stress élevé ou d'un environnement trop exigeant.
Sans distinguer ces concepts, les cliniciens risquent de considérer la conformité comme une régulation, ce qui conduit à des interventions qui suppriment le comportement mais ne renforcent pas les compétences ; par exemple, en s'appuyant sur la punition pour mettre fin au comportement sans enseigner d'autres stratégies d'adaptation ou de décision.
Prenons l'exemple d'un enfant de 5 ans qui frappe un autre enfant lorsqu'il lui prend son jouet. Il peut sembler provocateur, mais si l'enfant manque de contrôle inhibiteur et de compétences en matière de régulation émotionnelle et qu'il est stressé par un sommeil insuffisant, il peut réellement être incapable de se maîtriser sur le moment, même s'il le souhaite. L'acquisition de compétences et la corégulation, et non la punition, l'aident à apprendre des stratégies d'adaptation.
Why Control Breaks Down : Skills, Stress, and the Family System (Pourquoi le contrôle s'effondre : compétences, stress et système familial)
La maîtrise de soi n'est pas le fruit du hasard. Lorsqu'elle s'effondre, c'est généralement parce qu'un ou plusieurs systèmes sous-jacents sont surchargés, sous-développés ou fonctionnent à l'encontre de l'enfant.
Pour les praticiens, il est utile de réfléchir à la question de savoir quel levier n'est pas soutenu plutôt que de supposer un manque de motivation ou d'effort.
Les systèmes qui sous-tendent la maîtrise de soi
La maîtrise de soi n'est pas une compétence unique. Elle est le résultat de plusieurs processus en interaction.
(Muir et al., 2023 ; Nigg, 2017 ; Predy et al., 2025)
Lorsqu'un ou plusieurs de ces systèmes sont mis à l'épreuve, la maîtrise de soi devient beaucoup plus difficile à obtenir, même pour les enfants qui ont développé une certaine maîtrise de soi.
Pourquoi les enfants "ne peuvent pas" parfois
L'un des changements les plus importants pour les familles est de comprendre que la maîtrise de soi dépend de l'état, et pas seulement des compétences.
Le stress joue un rôle central. Les recherches montrent régulièrement qu'une excitation émotionnelle ou physiologique accrue réduit l'accès aux fonctions exécutives, c'est-à-dire aux processus nécessaires à l'inhibition, à la planification et à la flexibilité de la pensée (Knöbel et al., 2024 ; Teleb et al., 2025).
En d'autres termes, les systèmes cérébraux nécessaires à la maîtrise de soi sont les premiers à disparaître sous la pression.
Dans la vie familiale de tous les jours, cela se manifeste de manière prévisible (Fabio et al., 2021 ; Girotti et al., 2024 ; Knöbel et al., 2024) :
La perte de sommeil réduit l'attention et le contrôle des impulsions.
La faim diminue la tolérance à la frustration.
Les transitions (arrêt, démarrage, changement de tâches) sollicitent la flexibilité cognitive.
La surcharge sensorielle augmente la réactivité.
Les conflits augmentent l'excitation émotionnelle et réduisent la réflexion.
Dans ces moments-là, les enfants ne choisissent souvent pas entre le bien et le mal ; ils fonctionnent avec des capacités réduites.
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Un point de départ pratique : Que faire en premier ?
Lorsque les familles se sentent bloquées, l'instinct les pousse souvent à en faire plus : plus de rappels, plus de conséquences, plus de pression. En pratique, les progrès sont généralement le fruit d'une action différente.
La question clé pour les praticiens n'est pas "Comment arrêter le comportement ?" mais "Qu'est-ce qui fait obstacle à la maîtrise de soi en ce moment ?"
Une simple approche de triage peut aider à déterminer par où commencer.
Commencez ici : Qu'est-ce qui provoque la panne ?
Si l'enfant est dysrégulé, commencez par la corégulation.
Lorsque les émotions sont fortes, le raisonnement et l'enseignement sont largement inefficaces. La priorité est d'aider l'enfant à revenir à un état régulé par la présence, le ton et des signaux simples (par exemple, respirer, ralentir, réduire les exigences). L'acquisition de compétences intervient après la régulation, et non pendant l'escalade.
Si le problème est lié aux routines ou à la structure, il convient d'adapter l'environnement.
Lorsque les mêmes difficultés se répètent, le problème n'est souvent pas la motivation mais la prévisibilité. Concentrez-vous sur :
Des routines claires
Repères visuels ou environnementaux
Réduire les frictions pour les comportements souhaités
Augmenter les frictions pour les comportements problématiques
Cela permet d'alléger le fardeau de l'incitation constante.
Si le problème est lié à l'attention ou à l'impulsivité, il convient d'étayer les fonctions exécutives.
Certains enfants ont besoin de plus de soutien pour s'arrêter, se déplacer et aller jusqu'au bout. Les approches efficaces sont les suivantes :
Diviser les tâches en petites étapes
Pratiquer de courts moments de "pause et de planification".
Répéter les compétences dans des situations à faible enjeu
Utiliser des incitations qui s'estompent progressivement au fil du temps
Mettre l'accent sur la pratique répétée plutôt que sur l'instruction répétée.
S'il s'agit d'une motivation ou d'une lutte de pouvoir, augmentez l'autonomie.
Lorsque les enfants résistent, c'est souvent le signe d'objectifs contradictoires ou d'un besoin de contrôle. Au lieu de multiplier les exigences :
Proposez des choix structurés.
Collaborez à la recherche de solutions.
Reliez les attentes aux objectifs ou aux valeurs de l'enfant.
La motivation interne est plus durable que la pression externe.
Si le défi est la gratification instantanée, ajoutez de la friction et créez des alternatives.
Les activités très gratifiantes peuvent l'emporter sur le développement des compétences de maîtrise de soi. Le soutien comprend :
Créer des points d'arrêt et des limites naturelles
Augmenter l'effort nécessaire pour accéder aux activités très gratifiantes
Construire une routine qui inclut des récompenses alternatives
Si l'aidant est débordé, commencez par l'adulte.
La capacité parentale fixe le plafond de la régulation de l'enfant. Lorsque les soignants sont épuisés, la cohérence et la corégulation deviennent difficiles à maintenir. Les mesures de soutien peuvent inclure :
Simplifier les attentes
Réduire la charge de décision quotidienne
Intégrer de petites pratiques de régulation dans la routine des parents
Donner la priorité à un ou deux changements à la fois
La stabilisation du système adulte peut entraîner des changements rapides dans le comportement de l'enfant.
Une façon simple d'y penser
Vous avez besoin d'une liste rapide et facile à retenir de ce qu'il faut faire ?
Si les émotions sont fortes : Régulez d'abord.
Si les schémas se répètent : établissez une structure.
Si les capacités sont insuffisantes : Enseignez les compétences.
Si la résistance est forte : Soutenez l'autonomie.
Si la tentation domine : Ajustez les récompenses et les habitudes.
Cette séquence aide les praticiens à guider les familles loin des cycles réactifs et vers un changement ciblé et durable.
Quand tout le monde est débordé : Un plan de réinitialisation familiale
Même dans les familles qui fonctionnent bien, il y a des moments où tout s'envenime rapidement.
Une petite demande se transforme en une impasse, les voix s'élèvent et personne n'a les idées claires. Dans ces moments-là, la maîtrise de soi n'est pas quelque chose à exiger, c'est quelque chose qui a temporairement disparu.
Pour les praticiens, l'un des changements les plus utiles consiste à enseigner aux familles que la régulation passe avant la résolution des problèmes. Lorsque le stress est élevé, l'objectif n'est pas de corriger le comportement pour donner une leçon, mais d'aider l'enfant et l'adulte à revenir à un état où la réflexion, l'écoute et l'apprentissage sont à nouveau possibles.
Un processus de réinitialisation simple et reproductible peut contribuer à interrompre ces cycles et à renforcer la régulation au fil du temps.
Réinitialisation de la régulation familiale à utiliser dans l'instant
Lorsque l'on a l'impression que tout part en vrille, l'objectif n'est pas de corriger immédiatement les comportements, mais d'aider tout le monde à se calmer suffisamment pour réfléchir à nouveau. Une simple remise à zéro peut interrompre le cycle et permettre d'aller de l'avant.
Les premiers...
Alors...
À quoi ça ressemble...
1. Réduire les exigences (temporairement).
Mettre en veilleuse les attentes, les instructions ou les conséquences.
Utiliser moins de mots et moins d'exigences - cela permet de faire baisser la pression et d'éviter l'escalade.
2. Réguler le corps d'abord.
Favorisez l'apaisement grâce à des stratégies simples et concrètes.
Les exemples incluent la respiration lente, le mouvement, un verre d'eau ou un apport sensoriel (par exemple, tenir quelque chose de froid, sortir à l'extérieur).
3. Se reconnecter avant de rediriger.
Utilisez le ton, la proximité et de brèves déclarations pour signaler la sécurité.
"Je suis là".
"Vous traversez une période difficile.
4. Choisissez un petit pas.
Une fois calmé, guidez l'enfant vers une action gérable.
"Mettons les chaussures près de la porte". Éviter de revenir immédiatement à la demande totale.
5. Réparer si nécessaire.
Si l'interaction s'est intensifiée (d'un côté comme de l'autre), modélisez la réparation.
"C'est devenu vraiment frustrant. Remettons les pendules à l'heure." Cela permet de renforcer la sécurité et la responsabilité relationnelles.
6. Planifiez une chose pour la prochaine fois.
Une fois le moment passé, identifiez un support de prévention simple.
Il peut s'agir d'un avertissement de transition, d'un indice visuel ou d'une modification de la routine.
Enseigner la maîtrise de soi tout au long du développement
L'une des sources de frustration les plus courantes pour les familles est l'inadéquation entre les attentes et le développement. On demande souvent aux enfants de faire preuve de maîtrise de soi avant que les compétences sous-jacentes ne soient pleinement en place.
Pour les praticiens, une partie du travail consiste à aider les soignants à comprendre que la maîtrise de soi n'est pas un trait de caractère fixe ; elle se construit progressivement, grâce à un soutien répété, à la pratique et à une indépendance croissante au fil du temps. La maîtrise de soi chez les enfants peut être introduite et pratiquée par le biais de jeux et d'activités.
L'objectif n'est pas la perfection précoce, mais le transfert progressif : Les enfants empruntent d'abord la régulation aux adultes, puis la pratiquent avec du soutien, et enfin l'appliquent de manière plus indépendante.
Petite enfance (2-4 ans) : Régulation empruntée
Description du site
La maîtrise de soi est presque entièrement externe. Les enfants comptent sur les adultes pour les aider à faire une pause, à passer d'une situation à l'autre et à se remettre d'une grande émotion.
Ce qui est réaliste
Brève attente (secondes)
-Réactions émotionnelles fréquentes
-Contrôle limité des impulsions
Ce qu'il faut enseigner
Des routines de pause simples ("Attendez", "Arrêtez")
-Nommer les sentiments
-Transitions de base avec soutien
Comment pratiquer
Jeux à tour de rôle
-Routines prévisibles
-langage simple et répété
Ce qu'il faut éviter
Attente d'un apaisement indépendant
-Explication longue pendant la détresse
Premières années d'école (de 5 à 7 ans) : Structure et répétition
Description du site
Les enfants commencent à suivre les règles de manière plus cohérente, mais dépendent encore fortement de la structure externe.
Ce qui est réaliste
Gratification différée courte avec soutien
-Amélioration du respect des règles dans un cadre prévisible
-Suivi incohérent
Ce qu'il faut enseigner
Attendre avec un objectif clair
-Suivre des instructions en plusieurs étapes
-Choisir entre deux options d'acceptation
Comment pratiquer
Horaires visuels
-Pause et réflexion
-Pratiquer des routines en dehors des moments de stress
Ce qu'il faut éviter
Assumer la cohérence entre les différents contextes
-Supprimer les structures trop rapidement
Collège (8-11 ans) : Planification et suivi
Description du site
Les enfants sont plus à même de réfléchir, de planifier et de relier leur comportement aux résultats, mais ils ont encore besoin d'un échafaudage.
Ce qui est réaliste
Des délais plus longs (avec des rappels)
-Conscience accrue des objectifs et des conséquences
-Impulsivité occasionnelle, en particulier sous l'effet du stress
Ce qu'il faut enseigner
Décomposition des tâches en étapes
-Fixation d'objectifs simples
-Plans d'adaptation
Comment pratiquer
Préparer à l'avance les situations difficiles
-Utiliser des listes de contrôle ou des plannings
-Réfléchir brièvement après les succès et les échecs.
Ce qu'il faut éviter
Dépendance excessive à l'égard des cours magistraux
-S'attendre à ce que les compétences se généralisent automatiquement
Adolescence (de 12 à 18 ans) : Autonomie, identité et tentation
Description du site
La maîtrise de soi devient plus étroitement liée à l'identité, aux valeurs et au contexte social. Parallèlement, la sensibilité à la récompense et à l'influence des pairs augmente.
Ce qui est réaliste
Forte prise de décision dans certains domaines, impulsivité dans d'autres
-Résistance accrue au contrôle externe
-Sensibilité accrue aux récompenses immédiates
Ce qu'il faut enseigner
Relier les choix aux objectifs et valeurs personnels
-Gérer les priorités concurrentes
-Planifier les situations à haut risque
Comment pratiquer
Résolution collaborative de problèmes
-Créer des routines qui soutiennent l'indépendance
-Construire des plans "si-alors" pour les défis prévisibles
Ce qu'il faut éviter
Contrôler à outrance
-Supposer que la maturité est synonyme de cohérence
(Chen et al., 2024 ; Ernst & Stelley, 2024 ; Jiang et al., 2024 ; Muir et al., 2023 ; Predy et al., 2025)
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Une discipline qui renforce les capacités - et pas seulement la conformité
L'autodiscipline est souvent assimilée à un comportement. Mais dans les familles, son véritable objectif est d'apprendre aux enfants à s'autoréguler au fil du temps.
La conformité peut résoudre le problème immédiat, mais c'est la capacité qui détermine ce qui se passera la prochaine fois.
Faciliter les choses : Les systèmes plutôt que la volonté
Dans la plupart des familles, le problème n'est pas l'effort, mais la surcharge. Focus sur :
Routines : Réduire la prise de décision.
Indices : Faites en sorte que les attentes soient visibles.
Plans "si-alors" : Préparez-vous à relever les défis prévisibles.
Ces supports réduisent le besoin de rappels constants ou d'escalade.
Scripts rapides pour les parents
Ces scripts courts et pratiques offrent aux parents un langage prêt à l'emploi pour guider les enfants dans les transitions, les émotions, les choix et les moments de réparation.
Transition : "Dans deux minutes, nous nettoyons. Quelle est votre dernière chose ?" Pause : "Arrêtons-nous et faisons une pause ensemble". Choix : "Maintenant ou après la minuterie ?" Retard : "Tu le veux maintenant ; prévoyons d'attendre". Réparation : "C'est frustrant. Réessayons." Planifier : "Qu'est-ce qui pourrait aider la prochaine fois ?"
Suivi des progrès et ajustement des cours
Le suivi du développement de la maîtrise de soi aide les familles à voir ce qui fonctionne et où un soutien supplémentaire est nécessaire. Les praticiens peuvent aider les parents à suivre quelques marqueurs clés chaque semaine :
Fréquence, intensité et durée des moments dysréglementés
Temps de récupération : rapidité avec laquelle l'enfant revient à son état de base.
Latence de réparation : temps nécessaire pour rétablir la relation après un conflit.
Réactivité des parents ; réponses des soignants susceptibles d'aggraver ou de soutenir la régulation
Utilisez des échelles d'évaluation simples ou des comptages de comportement plutôt que des formulaires complexes. Ces mesures permettent de déterminer si les routines, les scripts ou les interventions ont besoin d'être adaptés ou si une évaluation supplémentaire est justifiée.
Il est également important de se fixer des attentes réalistes : La maîtrise de soi se développe progressivement au fil des semaines et des mois, et non du jour au lendemain. Les familles peuvent constater de petites améliorations au début, comme des crises plus courtes et un rétablissement plus rapide, avant un changement de comportement cohérent. Encourager les parents à remarquer ces premiers changements peut aider à soutenir les efforts et à éviter le découragement.
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6 ans
Présenter le problème
Hypothèse de mécanisme
Plan d'intervention
Mesures de progrès
Difficultés à gérer les transitions ; parents stressés
La maîtrise de soi de l'enfant est mise à mal par le stress et des routines insuffisamment développées ; il s'appuie sur ses parents pour la corégulation
-La corégulation pendant les transitions
-Établir des routines prévisibles
-Exercices de retardement courts (attendre 5 à 10 secondes avant de commencer l'activité préférée)
-Fréquence des crises
-Temps de récupération
-Réactivité des parents
13 ans
Présenter le problème
Hypothèse de mécanisme
Plan d'intervention
Mesures de progrès
Procrastination et utilisation excessive des écrans
Lacunes en matière de motivation et de fonctions exécutives ; environnement sensible à la tentation
Soutien à l'autonomie (fixation d'objectifs, planification collaborative)
-Taux d'achèvement des tâches
-Durée du travail concentré
-Tentatives de report réussies
Un message à emporter
La maîtrise de soi est souvent confondue avec une simple conformité, une question d'effort ou de meilleur comportement. Or, comme le montre ce guide, elle se construit au fil du temps grâce au soutien, à la structure et à la pratique.
Lorsque les familles passent de la correction des comportements au renforcement des systèmes qui les sous-tendent, les moments de lutte deviennent des opportunités de croissance plutôt que des conflits.
L'objectif n'est pas la perfection dans l'instant, mais la capacité dans la durée : des enfants capables de s'arrêter, de s'adapter et de choisir plus efficacement parce qu'on leur a appris à le faire.
Non, la punition n'enseigne pas la maîtrise de soi. Bien qu'elle puisse mettre fin à un comportement sur le moment, elle n'est pas un moyen fiable d'enseigner la maîtrise de soi (Liu et al., 2024).
Comment les parents peuvent-ils apprendre à leurs enfants à se maîtriser sans recourir à la punition ?
Les parents peuvent aider à enseigner à leurs enfants la maîtrise de soi par le biais d'une discipline positive, de l'enseignement de compétences d'autorégulation et d'une structure de soutien (Blume et al., 2025).
La volonté n'est-elle pas la principale compétence en matière de maîtrise de soi et d'autorégulation ?
Non, la volonté n'est qu'un mécanisme parmi d'autres (Fujita et al., 2020).
Références
Blume, J., Garcia, G., Garcia, M. et Mastergeorge, A. (2025). Associations entre les styles parentaux et les compétences d'autorégulation de l'enfant : A series of meta-analyses. Journal of Family Psychology, 39(7), 885-898. https://doi.org/10.1037/fam0001379
Chen, Y. W. R., Janicaud, N., Littlefair, D., Graham, P., Soler, N., Wilkes-Gillan, S., McAuliffe, T. et Cordier, R. (2024). Un examen systématique des mesures de l'autorégulation chez les enfants : Exploring characteristics and psychometric properties. PLoS ONE, 19(9), Article e0309895. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0309895
Englert, C. (2025). Self-control - A critical discussion of a key concept in sport and exercise psychology. Psychology of Sport and Exercise, 80, Article 102878. https://doi.org/10.1016/j.psychsport.2025.102878
Ernst, J. et Stelley, H. (2024). Supporting young children's self-regulation through nature-based practices in preschool. Behavioral Sciences, 14(11), 1013. https://doi.org/10.3390/bs14111013
Fabio, R., Picciotto, G. et Caprì, T. (2021). Les effets du stress psychosocial et cognitif sur les fonctions exécutives et les processus automatiques chez les sujets sains : A pilot study. Current Psychology, 41, 7555-7564. https://doi.org/10.1007/s12144-020-01302-1
Frick, A. et Chevalier, N. (2022). Un premier modèle théorique du développement du contrôle cognitif autodirigé. Journal of Cognition and Development, 24(2), 191-204. https://doi.org/10.1080/15248372.2022.2160720
Fujita, K., Orvell, A. et Kross, E. (2020). Smarter, not harder : Une boîte à outils pour améliorer la maîtrise de soi. Policy Insights From the Behavioral and Brain Sciences, 7(2), 149-156. https://doi.org/10.1177/2372732220941242
Gagne, J., Liew, J. et Nwadinobi, O. (2021). How does the broader construct of self-regulation relate to emotion regulation in young children ? Developmental Review, 60, article 100965. https://doi.org/10.1016/j.dr.2021.100965
Girotti, M., Bulin, S. et Carreno, F. (2024). Effets du stress chronique sur la fonction cognitive - de la neurobiologie à l'intervention. Neurobiology of Stress, 33, Article 100670. https://doi.org/10.1016/j.ynstr.2024.100670
Heinze, H., Daseking, M., Gawrilow, C., Karbach, J. et Koerner, J. (2024). Self-regulation in preschool : Are executive function and effortful control overlapping constructs ? Developmental Science, 28(1), Article e13595. https://doi.org/10.1111/desc.13595
Jiang, Y., Wishard Guerra, A., Cohen, S. R., Brown, T. T., Lin, N. T., Molgaard, M. et Iversen, J. (2024). Echoing parental scaffolding style in co-constructed narratives : Its impact on executive function development in diverse early school-age children. Early Education and Development, 35(6), 1335-1352. https://doi.org/10.1080/10409289.2024.2360872
Knöbel, S., Weinberg, H., Heilmann, F. et Lautenbach, F. (2024). L'interaction entre les états émotionnels aigus et les fonctions exécutives chez les jeunes joueurs de football d'élite. Frontiers in Psychology, 15.https://doi.org/10.3389/fpsyg.2024.1348079
Liu, J., Wang, H., Xing, S. et Liu, X. (2024). Sensibilité à la récompense et à la punition chez les adolescents souffrant d'automutilation non suicidaire répétitive : The role of inhibitory control. International Journal of Clinical and Health Psychology, 24(2), Article 100456. https://doi.org/10.1016/j.ijchp.2024.100456
Muir, R. A., Howard, S. J. et Kervin, L. (2023). Interventions et approches ciblant l'autorégulation précoce ou le fonctionnement exécutif dans les écoles maternelles : A systematic review. Educational Psychology Review, 35, Article 27. https://doi.org/10.1007/s10648-023-09740-6
Nigg, J. T. (2017). Revue annuelle de la recherche : Sur les relations entre l'autorégulation, le contrôle de soi, le fonctionnement exécutif, le contrôle de l'effort, le contrôle cognitif, l'impulsivité, la prise de risque et l'inhibition pour la psychopathologie du développement. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 58(4), 361-383. https://doi.org/10.1111/jcpp.12675
Predy, L. K., Vrantsidis, D., Khoei, M., Ali, N. et Wiebe, S. A. (2025). Separable but correlated : Le rôle des fonctions exécutives et du contrôle de l'effort dans la transition vers l'âge scolaire. Behavioral Sciences, 15(7), 845. https://doi.org/10.3390/bs15070845
Teleb, A., Diab, A., Abbady, A., Abdelmagid, A. et Ibrahim, A. (2025). Dynamique psychologique des fonctions exécutives chez les étudiants universitaires présentant un trait d'anxiété élevé. International Journal of Innovative Research and Scientific Studies, 8(2), 4170-4179.https://doi.org/10.53894/ijirss.v8i2.6251
À propos de l'auteur
Tiffany Sauber Millacci, docteur en philosophie, est une éducatrice qui travaille avec des étudiants universitaires et des élèves du primaire. En tant qu'apprenante permanente, elle est animée par une passion pour la recherche et aime traduire ses découvertes par écrit afin de partager ses connaissances avec les autres.
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