Les enfants bien élevés ne sont pas toujours maîtres d'eux-mêmes.
Une discipline qui fonctionne sur le moment peut échouer sur la durée.
L'obéissance peut ressembler à du respect, mais elle ne permet pas d'acquérir la maîtrise de soi.
De nombreux parents attendent de leurs enfants qu'ils écoutent, suivent les règles et se comportent correctement. L'obéissance peut sembler être l'objectif d'une discipline efficace.
Mais si l'obéissance crée une conformité à court terme, elle ne conduit pas toujours à une maîtrise de soi à long terme.
Les enfants qui écoutent en présence d'un parent peuvent néanmoins avoir du mal à gérer leur frustration ou à faire des choix réfléchis lorsqu'ils sont seuls. La maîtrise de soi, en revanche, est la capacité de faire une pause, de gérer ses émotions et de prendre des décisions plus réfléchies.
Comprendre les différences entre la maîtrise de soi et l'obéissance peut aider les parents à s'éloigner des luttes de pouvoir et à se concentrer sur le développement de compétences que les enfants peuvent utiliser dans diverses situations.
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Maîtrise de soi et obéissance : Quelle est la différence ?
L'obéissance consiste à répondre aux signaux et aux attentes externes en s'y conformant immédiatement, tandis que la maîtrise de soi est le fruit d'une régulation et d'une motivation internes.
L'obéissance est requise lorsque, par exemple, les familles, les écoles et les communautés s'appuient sur des attentes communes pour fonctionner efficacement et que les enfants doivent apprendre à y répondre.
La différence réside dans la motivation qui sous-tend le comportement. Un enfant qui s'arrête de crier à l'arrivée d'un parent réagit à une pression extérieure. Un enfant qui s'arrête de lui-même et choisit une autre façon de réagir fait preuve de maîtrise de soi.
Ces capacités font partie d'un ensemble plus large de compétences d'autorégulation et de fonctions exécutives qui se développent au fil du temps (Center on the Developing Child at Harvard University, 2011).
Les deux sont liés, mais ils ne sont pas interchangeables. L'obéissance peut créer une structure et une prévisibilité, mais elle ne conduit pas automatiquement à une régulation interne.
L'objectif à long terme n'est pas seulement que les enfants suivent des règles, mais qu'ils commencent à comprendre, à adopter et finalement à choisir ces comportements pour eux-mêmes.
Pourquoi la maîtrise de soi est une compétence que les enfants acquièrent au fil du temps
Les enfants ne naissent pas avec la maîtrise de soi. Ces capacités font partie des fonctions exécutives, un ensemble de compétences mentales qui favorisent l'attention, la planification et la régulation émotionnelle (Diamond, 2013).
C'est pourquoi les parents attendent souvent de leur enfant un comportement qui reflète une maîtrise de soi supérieure à celle dont il est capable à ce moment-là. La maîtrise de soi au sein de la famille se développe progressivement, et les jeunes enfants n'ont pas encore la même capacité à prendre du recul, à gérer leurs émotions ou à réfléchir à leurs réactions.
Par exemple, on peut dire à un enfant de 2 ans, à un enfant de 5 ans et à un enfant de 10 ans de se "calmer", mais ces mots requièrent des capacités très différentes. Un enfant plus jeune n'est peut-être pas encore capable de ralentir ou de déplacer son attention, alors qu'un enfant plus âgé commence à développer ces compétences.
La maîtrise de soi dépend également de la capacité. Un enfant fatigué, surstimulé, affamé, stressé ou débordé aura moins accès aux compétences demandées par ses parents.
Les enfants qui ne dorment pas suffisamment, par exemple, sont plus susceptibles d'avoir des problèmes d'attention, de régulation émotionnelle et de comportement (Centers for Disease Control and Prevention, 2024).
Dans ce contexte, l'obéissance peut être trompeuse. Un enfant peut obéir parce qu'un adulte élève la voix, menace d'une conséquence ou augmente la pression, mais cela ne renforce pas les compétences internes nécessaires pour gérer les émotions ou faire des choix réfléchis plus tard.
La maîtrise de soi se développe de manière plus fiable grâce à des expériences répétées de structure, de pratique et de conseils calmes d'un adulte (Center on the Developing Child at Harvard University, 2011).
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Enseigner la maîtrise de soi sans lutte de pouvoir
Enseigner la maîtrise de soi ne consiste pas tant à obtenir une conformité immédiate qu'à apprendre à gérer ces moments au fil du temps. La même situation peut devenir une lutte de pouvoir ou une occasion d'acquérir des compétences, en fonction de la façon dont le parent réagit sur le moment.
Qu'est-ce qui aide réellement les enfants à développer leur maîtrise de soi ?
Les luttes de pouvoir commencent souvent par quelque chose de simple : Un parent demande à un enfant de faire quelque chose et s'attend à ce que cela se produise immédiatement. Il peut s'agir de demander à un enfant d'éteindre un écran, de venir dîner ou de se préparer à partir alors qu'il est en train de faire quelque chose.
La demande peut être raisonnable, mais le moment choisi peut créer des tensions. Les enfants n'ont pas le même sens de l'urgence, et lorsqu'ils n'ont pas le temps d'assimiler la transition, même les demandes les plus simples peuvent susciter de la résistance.
Dans ces cas, il est utile d'ajuster la façon dont les attentes sont communiquées. Par exemple, "Finissez ce que vous faites et nous passerons à autre chose" peut maintenir l'attente tout en réduisant le risque d'escalade.
Cela ne signifie pas qu'il faille réduire les attentes. Il s'agit de donner aux enfants des occasions répétées de s'entraîner à répondre plutôt qu'à réagir. Au fil du temps, ces moments permettent de développer la maîtrise de soi.
Conseils sur la manière de réagir dans l'instant
Ces moments ne se ressemblent pas tous. Parfois, l'enfant ne répond pas. Parfois, il repousse ou refuse. D'autres fois, les émotions s'intensifient.
La question que se posent souvent les parents est de savoir si et quand il faut pousser, faire une pause ou maintenir la ligne. Si un enfant qui réagit habituellement ou suit le mouvement devient soudainement plus réactif ou résistant, le fait d'insister pour qu'il se conforme immédiatement à la règle risque davantage d'aggraver la situation que de la résoudre.
Dans certains cas, l'enfant peut refuser catégoriquement. Plutôt que d'insister immédiatement, il peut être utile d'en prendre acte tout en maintenant l'attente. "Je comprends que tu ne veuilles pas faire ça. Il faut quand même que ça se fasse. Essayons de trouver une solution."
En même temps, toutes les situations ne permettent pas la flexibilité. Lorsqu'il s'agit de sécurité ou de timing, par exemple lorsqu'il s'agit de monter dans la voiture dans une file d'attente occupée ou de se rendre à un rendez-vous, l'attente reste ferme.
Ici, la distinction porte moins sur le fait que l'attente soit maintenue que sur la manière dont elle est concrétisée. Le maintien d'une limite ne nécessite pas de forcer le moment ; il peut s'agir de permettre une brève pause pour que l'enfant puisse mieux suivre.
Lorsque les émotions s'intensifient, comme les pleurs, les cris ou la fermeture, il est peu probable que l'on parvienne à obtenir la conformité. Dans ces cas-là, il est souvent plus efficace de faire une pause et de revenir sur le problème plus tard. "Nous n'allons pas résoudre ce problème tout de suite. Nous y reviendrons."
La régulation des parents est tout aussi importante. Au fur et à mesure que la frustration augmente, il peut devenir plus difficile de réagir calmement. Ralentir, même brièvement, peut empêcher l'escalade et faciliter le retour au problème.
Lorsqu'une situation est mise en pause, il est utile de préciser qu'elle n'est pas abandonnée. La formule "Prenons une pause et revenons-y plus tard" maintient à la fois la structure et la responsabilité.
Il est utile de se rappeler que ces moments sont souvent temporaires et qu'il est plus important de préserver la relation que de tout résoudre immédiatement.
Trouver le bon équilibre : Structure, attentes et flexibilité
Certaines approches parentales mettent l'accent sur la flexibilité, la validation et la réduction de la pression. Ces changements peuvent être précieux, notamment pour aider les enfants à se sentir compris.
Dans le même temps, une trop grande flexibilité peut créer de la confusion et des conflits permanents lorsque les attentes sont indirectes, floues ou constamment négociables. L'extrême opposé - se concentrer uniquement sur la conformité - peut limiter le développement de l'autonomie, de l'individualité et de la motivation interne.
Dans la pratique, les enfants bénéficient souvent d'une combinaison des deux. Des attentes claires apportent structure et prévisibilité, tandis que la flexibilité permet des ajustements en fonction du contexte et des capacités.
L'équilibre n'est pas une question de réussite à chaque instant. Il s'agit de se montrer cohérent, d'être prêt à s'adapter lorsque quelque chose ne fonctionne pas et de revenir à la réparation lorsque c'est nécessaire.
Au fil du temps, cette combinaison de structure, de flexibilité et de réactivité aide les enfants à développer une maîtrise de soi qui vient de l'intérieur.
Un message à emporter
La discipline est souvent considérée comme un moyen d'amener les enfants à écouter. Mais écouter dans l'instant n'est pas la même chose qu'apprendre à se gérer au fil du temps.
Ce qui importe le plus, ce n'est pas qu'un enfant se conforme immédiatement, mais ce qu'il pratique à ce moment-là. Apprend-il à réagir à la pression ou à faire une pause, à réfléchir et à choisir ?
Lorsque la discipline passe de l'urgence à l'acquisition de compétences, elle modifie ce que les enfants emportent avec eux après l'interaction. L'accent n'est plus mis sur le contrôle du comportement, mais sur l'aide apportée aux enfants pour qu'ils acquièrent la capacité de se guider eux-mêmes.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Nous vous proposons une pléthore d'articles de choix. Mon article préféré explore les avantages de la gratification différée, tandis qu'un autre présente des exercices de gratification différée. Notre article proposant des livres sur l'autodiscipline, y compris des livres pour enfants qui donnent l'exemple de la maîtrise de soi, vaut vraiment la peine d'être consulté pour une lecture prolongée à l'heure du coucher.
Quelle est la différence entre la maîtrise de soi et l'obéissance chez les enfants ?
L'obéissance consiste à suivre des règles, souvent en raison de pressions ou de conséquences extérieures. La maîtrise de soi implique une régulation interne, c'est-à-dire la capacité à gérer ses émotions, à faire des pauses et à faire des choix réfléchis, même lorsque personne ne regarde.
Comment apprendre à mon enfant à se maîtriser sans le discipliner en permanence ?
L'enseignement de la maîtrise de soi implique d'adopter un comportement calme, d'aider les enfants à identifier leurs émotions, de leur laisser du temps pour les transitions et de les guider dans les moments difficiles plutôt que de s'appuyer uniquement sur les conséquences.
Références
Centre sur l'enfant en développement de l'université de Harvard. (2011). Building the brain's air traffic control system : Comment les expériences précoces façonnent le développement des fonctions exécutives. https://developingchild. harvard.edu/resources/inbrief-executive-function/
Julie Cobalt, MA, Esq. est médiatrice, coach en conflits et avocate formée aux États-Unis. Elle a plus de 25 ans d'expérience dans l'aide aux individus et aux familles pour gérer les conflits émotionnels et relationnels.
Les écrits de Julie sur les conflits, la communication, la résilience émotionnelle et la compréhension interculturelle ont fait l'objet de diverses publications internationales. Elle partage son temps entre Dubaï et San Diego et travaille avec des clients internationaux.
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