Comment inspirer de l'espoir à des clients cyniques
Pour aider les clients cyniques, il faut souvent établir une relation, favoriser un environnement sûr et remettre en question les hypothèses négatives. Ensemble, ces éléments renforcent l'alliance thérapeutique et augmentent la probabilité d'un résultat positif du traitement (Cheavens & Guter, 2018 ; Snyder et al., 2002).
Notre objectif, en tant que thérapeutes, est de reconnaître la douleur et la peur sur lesquelles repose le cynisme et d'y répondre avec compassion. L'espoir devient le moyen de sortir du cynisme et le chemin vers une pensée plus positive (Cheavens & Guter, 2018).
Les étapes suggérées sont les suivantes (Nelson-Jones, 2014 ; Laranjeira & Querido, 2022 ; Zaki, 2024) :
Commencer par la validation et l'empathie
Les thérapeutes ne doivent pas pousser les clients cyniques vers l'espoir. Ils doivent plutôt faire preuve d'empathie, valider les sentiments des clients et reconnaître où ils en sont et comment ils en sont arrivés là (Nelson-Jones, 2014 ; Lopez et al., 2000).
La validation ouvre la voie au changement. L 'établissement d'un rapport et d'une confiance, ainsi que le renforcement de l'alliance thérapeutique, peuvent constituer la base d'un espoir doux et croissant au cours des semaines suivantes.
Développer la compassion
Aider les clients à développer l'auto-compassion et l'autre-compassion (étendre cette même gentillesse aux autres) peut adoucir leur perspective défensive et cynique.
La compassion aide les clients à identifier et à reconnaître leur douleur sans se bloquer. En retour, ils deviennent plus légers, moins rigides dans leurs pensées et plus connectés à eux-mêmes et aux autres (Nelson-Jones, 2014 ; Zaki, 2024).
Fixer des micro-objectifs
Les petites victoires sont un élément essentiel de la thérapie. La réalisation de micro-objectifs soutient les éléments clés de la motivation intrinsèque, notamment la maîtrise, l'autonomie et la connexion (Ryan & Deci, 2018).
Une telle motivation suscite l'espoir et permet de surmonter le biais de négativité afin d'apporter un changement continu et un sentiment croissant d'efficacité personnelle qui réduit le cynisme (Nelson-Jones, 2014 ; Lopez et al., 2000).
Réfléchir aux forces et aux capacités d'adaptation du passé
Les approches fondées sur les forces reconnaissent que nous disposons de toutes les ressources nécessaires pour surmonter nos difficultés (Niemiec, 2019).
En détournant l'attention des clients de leurs faiblesses pour la porter sur leurs forces, leurs victoires passées et leurs qualités positives, on renforce l'espoir et la résilience tout en transformant leur vision de la défaite en potentiel.
Au fil de plusieurs séances, les clients verront que leur cynisme ne les définit pas et qu'ils ont les ressources et les raisons de construire l'espoir (Lopez et al., 2000 ; Zaki, 2024).
Aider les clients à définir leur version de l'espoir
L'espoir doit trouver un écho chez les clients, selon leurs propres termes. Il doit correspondre à leurs valeurs personnelles et à leurs rêves.
Selon la théorie de l'espoir, l'espoir est le plus fort et le plus inébranlable lorsqu'il est lié à une action personnelle importante et à la définition d'objectifs. Le fait de le rendre personnel garantit qu'il n'est pas forcé ou naïf et qu'il devient une extension du soi (Lopez et al., 2000 ; Snyder et al., 2002).
Ce qu'en pensent nos lecteurs
Fantastique et instructif. Je vous remercie !